Archives

  • Pour célébrer le poète Lucien Jacques, à l’occasion de la réédition de Tombeau d’un berger

    Du Samedi 24 avril 1999 au Samedi 20 novembre 1999

    « Pourquoi le dire au pluriel ? J’ai un ami, c’est Lucien Jacques », disait Jean Giono. Cet être exceptionnel était doué de multiples talents : dessinateur, peintre, subtil aquarelliste, graveur, tisserand, berger, danseur (il fut le secrétaire d’Isadora Duncan !), éditeur et poète. C’est au poète que le Centre Jean Giono rendit hommage en 1999 par la réédition de Tombeau d’un berger (recueil de poèmes écrits et édités par Lucien Jacques en 1954 aux Editions de l’Artisan), à l’occasion de son exposition intitulée « Pour célébrer le poète Lucien Jacques ».

    Tombeau d’un berger fut écrit par Lucien Jacques à la mémoire de son ami berger Justin Nègre, avec qui il garda les moutons entre 1939 et 1944, au Contadour. Le jour des noces de Justin Nègre à Montjustin, petit village du Luberon, alors presque en ruines, Lucien Jacques eut le coup de foudre pour une maison qu’il acquit immédiatement. Un an plus tard, Justin Nègre mourait. Ce sont deux artistes vivant à Montjustin que nous avons choisi pour collaborer à la réédition de l’ouvrage de Lucien Jacques : Luc Gerbier, qui a accompagné par des aquarelles les poèmes de Lucien Jacques et Lucienne Desnoues, qui en a écrit la préface.

    Pourquoi avoir tissé ce « réseau » montjustinien, du berger Justin Nègre aux poètes et au peintre ? Parce qu’une profonde amitié lie depuis longtemps tous ces personnages, et que leur art, qu’il soit poésie, peinture, ou art de vivre, participe d’une même ferveur pour ce que Giono nommait « les vraies richesses » de l’homme.

    TOMBEAU D’UN BERGER, en vente au Centre Giono
    Poèmes de Lucien Jacques accompagnés d’aquarelles de Luc Gerbier
    Préface de Lucienne Desnoues
    21 x 21 cm, 72 pages, 12 aquarelles originales,
    Coédité par les Alpes de Lumière et le Centre Jean Giono


  • Jean Giono, Lucien Jacques, une amitié en poésie

    Du Samedi 4 février 1995 au Samedi 8 avril 1995

    Lucien Jacques vivait « en état de poésie » selon le mot de Léon-Paul Fargue. « État qui ne consiste pas nécessairement à écrire des poèmes, mais à sentir et agir constamment en poète, à déceler et exalter le merveilleux ou le pathétique de la vie, les beautés du monde, les valeurs humaines », écrivait Charles Vildrac. Tous ceux qui rencontrèrent Lucien jacques témoignent combien, en sa présence, la moindre réalité devenait enchantement. Or, ce don de sublimer le quotidien, Lucien Jacques, de son côté, le décela immédiatement chez celui qui n’était alors qu’un inconnu, Jean Giono.

    À la lecture d’un de ses poèmes, parus dans une revue marseillaise, « La Criée », il reconnut en Giono « un grand parmi les grands ».

    Ces deux sensibilités n’étaient-elles pas prédestinées à se rencontrer et s’exalter dans une amitié des plus rares ? Amitié profonde qui fut vraiment une amitié « en poésie » : dans la passion fervente pour la littérature et les arts, dans la reconnaissance et la célébration des « vraies richesses » de la vie et de la royauté insoupçonnée des êtres en harmonie avec la terre et les saisons, dans l’enthousiasme de nombreuses entreprises et créations communes, dans la croyance au pouvoir magique de la parole sur le monde, dans le plaisir ludique du langage, dans l’humour, le rire, la fantaisie.

    N’était-il pas naturel de débuter l’année du centenaire de la naissance de Giono par une exposition qui célébrât cette amitié, et fit mieux connaître l’artiste talentueux qu’était Lucien Jacques, ainsi que son rôle dans la carrière littéraire et dans la vie d’un des plus grands écrivains de ce siècle ?


1 2