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Exposition permanente

Jean Giono ou le Cœur de Noé

Noé, pour Jean Giono, n’est pas ce personnage biblique qui, ayant construit de ses mains une arche en bois, y fit entrer tous les animaux de la Création pour les sauver du déluge. Noé, c’est tout homme qui « emporte en lui-même les images du monde ». C’est surtout l’écrivain-poète. Ainsi, s’appropriant « toute chair de ce qui est monde », la faisant « entrer dans son cœur » avec lequel elle se mêle intimement, Jean Giono élabore son œuvre : c’est l’Arche contenant sa création personnelle, où le réel s’est transmué en imaginaire, grâce à l’alchimie de l’écriture poétique. Car il n’y a de réalité pour Giono que recréée par la puissance de l’imagination et du verbe :

« Ma sensibilité personnelle dépouille la réalité quotidienne de tous ses masques. Et la voilà, telle qu’elle est, magique. Je suis un réaliste. » (Noé)

En 19 panneaux, l’exposition « Jean Giono ou le cœur de Noé » propose aux visiteurs d’entrer dans l’arche d’un créateur dont la vie sédentaire n’offre apparemment rien d’exceptionnel, mais qui poursuivit en réalité, de l’enfance à la mort, un fabuleux périple intérieur, et dont l’œuvre occupe une place essentielle dans le paysage littéraire français du XXe siècle.

Elle tente d’éclaircir la genèse de cette œuvre foisonnante en mettant l’accent sur des périodes clés de l’existence de Giono :

  • l’âge d’or de l’enfance, auprès de parents artisans. Une enfance enchantée par les histoires merveilleuses racontées par le poète cordonnier, qui favorisa l’élan d’une imagination et d’une sensualité déjà exceptionnelles ;
  • l’entrée à la banque, où le jeune employé de 16 ans découvrit la nécessité absolue et le plaisir de l’écriture ; la découverte, en autodidacte, des grands classiques grecs et latins ;
  • l’expérience de la Grande Guerre, qui bouleversa profondément Giono, le rendit viscéralement pacifiste et décidé à être « professeur d’espérance », prophète des « vraies richesses » et de la joie ;
  • l’expérience de la seconde guerre, où l’écrivain, emprisonné par deux fois et traité injustement de collaborateur, découvrit la noirceur de l’être humain. Les romans de Giono campent alors des personnages aux passions féroces, capables de tout pour échapper à l’ennui, ou des âmes romanesques inspirées de Stendhal, se détachant au-dessus d’une humanité mesquine et sordide (Le Hussard).

Désengagé, Giono n’en est pas pour autant désenchanté : l’ironie, l’humour et la malice côtoient toujours le tragique, et révèlent la jubilation d’un écrivain passé maître dans l’art du récit.

L’exposition est accompagnée d’un montage vidéo : Giono y évoque sa relation à la Provence et à son travail d’écrivain artisan. Des extraits de films dont il fut le scénariste, le metteur en scène, ou même le producteur (Crésus, L’Eau vive, Un roi sans divertissement) sont également proposés dans ce montage.

Un exemplaire de ce parcours biographique permanent, destiné aux médiathèques et centres culturels de France et de l’étranger, existe en version « exposition itinérante » (voir la rubrique « Expositions itinérantes »).

Photos

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